Riviera Intelligence — Elena Agueeva

Superyachts ≥ 50 m & la Riviera — Special Legislation Assessment

Proposition de loi n° 2968 — l'interdiction proposée des superyachts de 50 mètres et plus — examinée pour les propriétaires ayant des intérêts immobiliers sur la Riviera : le texte, le droit en vigueur, les ports, et une évaluation équitable. Juillet 2026.

Publié le 22 juillet 2026 · DVF jusqu'à décembre 2025

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Un Special Legislation Assessment examine un texte en instance à partir des sources primaires : la proposition de loi n° 2968 — l'interdiction proposée des superyachts de 50 mètres et plus — lue à travers le texte déposé, le droit du mouillage réellement en vigueur et les registres portuaires de la côte.

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LES PORTS ≥ 50 M — LE REGISTRE LE PLUS DENSE D'EUROPE

1 · Objet et question posée

La présente note s'adresse aux propriétaires — et futurs propriétaires — de yachts à moteur de plus de 50 mètres dont les intérêts immobiliers se situent sur la Côte d'Azur, et qui ont lu que la France proposait d'interdire leurs navires de ses ports. La question examinée est de savoir si la proposition de loi n° 2968, déposée en juin 2026, doit peser sur une acquisition sur la Riviera ou sur la manière d'y baser un grand yacht. La réponse courte développée ci-dessous : ce texte est un signal politique minoritaire dont la probabilité d'entrée en vigueur est très faible, il ne change rien au droit positif, et la géographie portuaire de cette côte — la concentration de postes capables d'accueillir 50 mètres la plus dense d'Europe, dont deux hors juridiction française — servirait un tel navire dans tous les scénarios que le dossier permet d'envisager. L'analyse repose sur les sources primaires complètes : le texte déposé, son précédent exact, la réglementation réellement en vigueur, et les registres des ports eux-mêmes.

2 · La proposition, en termes simples

La PPL n° 2968 a été déposée à l'Assemblée nationale le 23 juin 2026 par le député Thomas Portes et le groupe La France insoumise. Trois articles modifieraient le code des transports : l'article 1er refuse l'accès aux ports et tout poste d'amarrage aux navires de plaisance d'une longueur hors tout de 50 mètres et plus, avec des exceptions pour la détresse, l'assistance, l'avarie grave, les intempéries, l'évacuation sanitaire et les motifs impérieux de sécurité maritime. L'article 2 interdit à ces mêmes navires de stationner et de mouiller dans les eaux intérieures et la mer territoriale — en préservant expressément le passage inoffensif — sous peine d'une amende judiciaire de 1 % à 15 % de la valeur estimée du navire, d'une injonction de quitter les eaux françaises sous astreinte, et de deux peines complémentaires : la confiscation du navire et une interdiction de cinq à dix ans portant sur tout navire que la personne condamnée possède ou contrôle. L'article 3 crée des obligations de transparence — pavillon, propriétaire, exploitant, bénéficiaire effectif, conditions d'emploi de l'équipage — sanctionnées par des amendes pouvant atteindre 5 % de la valeur du navire et par l'immobilisation. Les salaires et garanties des équipages sont expressément protégés.

3 · Où en est réellement le texte

La proposition n'est que cela — une proposition. Elle a été renvoyée à la commission du développement durable, n'a aucune date d'examen, et n'est signée que par un seul groupe d'opposition de 72 députés, sans aucun soutien au-delà. Sa trajectoire a un précédent exact : la proposition du même député visant à interdire les jets privés (PPL n° 885, 2022), renvoyée à la même commission, n'a jamais été examinée et s'est éteinte avec la législature. Pour devenir loi, la PPL 2968 devrait obtenir un créneau dans la niche parlementaire limitée du groupe, une majorité dans une Assemblée dont l'arithmétique actuelle s'y oppose, et franchir un Sénat structurellement hostile au texte. Au vu des propositions comparables, la probabilité d'entrée en vigueur sous vingt-quatre mois est très faible — notre estimation de travail est inférieure à cinq pour cent. Le vecteur plus réaliste est la reprise partielle de ses idées en amendements aux lois de finances, que les sessions passées ont systématiquement rejetés.

4 · Le droit tel qu'il est aujourd'hui

Rien dans le droit français actuel ne restreint l'accès d'un yacht de 50 mètres aux ports de la Riviera. Ce qui existe, depuis 2019–2021, c'est le régime de mouillage méditerranéen cartographié ci-dessous : par arrêté préfectoral, les navires de 24 mètres et plus ne peuvent mouiller sur les herbiers de posidonie protégés, avec des secteurs désignés le long de la côte ; le tribunal maritime de Marseille a déjà confirmé des condamnations sous ce régime. Un navire professionnellement armé le gère comme une routine de navigation — poste au port, ou mouillage sur sable hors des herbiers, exactement comme les itinéraires de charter le font déjà. Côté fiscal, la taxe « grande plaisance » de 2018 ne vise que les navires sous pavillon français et les navires sous pavillon étranger détenus ou contrôlés par des résidents français — le compte rendu officiel montre qu'elle a rapporté 60 000 € pour toute la France en 2024, sur une flotte de huit navires — et les navires de plaisance restent hors du système européen d'échange de quotas maritime. En bref : l'environnement opérationnel d'un yacht de plus de 50 mètres sur cette côte est aujourd'hui permissif, ordonné, et inchangé par la proposition de juin.

LE RÉGIME RÉELLEMENT EN VIGUEUR — MOUILLAGE ≥ 24 M, PROTECTION DE LA POSIDONIE

5 · L'infrastructure portuaire

Entre Cannes et Monaco s'étend la concentration de postes capables d'accueillir des navires de 50 mètres la plus dense d'Europe — précisément l'infrastructure que soixante-dix ans de capital du yachting ont bâtie : quais, sécurité, avitaillement, chantiers de refit et écosystèmes d'équipage. La carte ci-dessus et le registre ci-dessous donnent l'image ; les temps de route s'entendent depuis Théoule-sur-Mer.

6 · Si le texte était un jour adopté — une lecture honnête

L'honnêteté impose de noter ce qui tiendrait et ce qui tomberait probablement. Un État est bien souverain sur ses eaux intérieures et l'accès à ses ports ; une éventuelle interdiction n'échouerait pas simplement parce qu'elle est maritime. Elle affronterait des épreuves plus dures ailleurs : une interdiction absolue d'accès pour une catégorie de navires licites soulève des questions de proportionnalité et d'égalité au regard du bloc de constitutionnalité ; la confiscation comme sanction d'une infraction de mouillage appelle la censure ; et l'économie du charter engage la libre prestation de services du droit de l'Union. Tout texte adopté ferait l'objet d'un contrôle constitutionnel immédiat et, en pratique, de périodes transitoires. La géographie, elle, est décisive : le Port Hercule de Monaco et la Cala del Forte italienne se trouvent à moins d'une heure de toute la baie de Cannes, entièrement hors juridiction française, et le passage inoffensif dans les eaux territoriales françaises est préservé par la proposition elle-même. Même le scénario de tension, autrement dit, déplace un poste d'amarrage — pas une vie construite sur cette côte.

7 · Évaluation

La lecture équitable est celle-ci : la PPL 2968 est une déclaration politique sur les inégalités faite à travers la classe d'actifs la plus photogénique qui soit, non une menace opérationnelle pour la propriété d'un yacht sur la Côte d'Azur. Elle n'a aucune force aujourd'hui, une très faible probabilité d'en avoir demain, et une forme qui résisterait mal au contrôle constitutionnel même alors. L'infrastructure de postes d'amarrage entre Cannes et Monaco représente des décennies de capital qu'aucune proposition d'un seul groupe ne défait. Notre évaluation est donc optimiste sans être désinvolte : le dossier d'une acquisition sur la Riviera tient par ses propres mérites, le yacht garde ses ports, et ce bureau suit le dossier parlementaire en continu — tout changement de trajectoire du texte parvient à nos clients avant la presse. Cette note est une information générale sur une proposition législative en cours, non un conseil juridique ; toute décision de structuration doit associer votre propre conseil.

Méthode. Dossier législatif vérifié le 22 juillet 2026 sur le dossier de l'Assemblée nationale (PPL n° 2968, 17e législature) et les arrêtés de mouillage de la Préfecture maritime de la Méditerranée, via le Chiron Legal Corpus. Capacités portuaires d'après les registres d'exploitants ; secteurs de mouillage indicatifs — les annexes des arrêtés et DONIA font foi. Établi par Elena Agueeva Real Estate — elena@elenaagueeva.com · +33 7 66 44 02 34.

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Des « Demandes de Valeurs Foncières » (DVF) de la Direction générale des Finances publiques — la seule source officielle des transactions immobilières françaises — dédoublonnées par propriété par l'Elena Agueeva Intelligence Unit.

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Source : Elena Agueeva Intelligence Unit & « Demandes de Valeurs Foncières » (DVF), Direction générale des Finances publiques · dédoublonné par propriété