Riviera Intelligence — Saint-Tropez

Saint-Tropez — Intelligence du marché des villas et de l'art de vivre

Saint-Tropez, en chiffres vérifiés et faits documentés : l'analyse du marché des villas ≥ 3 M€ selon les données DVF, la démographie INSEE, et le récit sourcé des domaines, de la saison et de l'accès à la presqu'île.

Mise à jour juillet 2026 · DVF jusqu'à décembre 2025 · INSEE RP2022

Saint-Tropez, marché de villas et lieu de vie : ce dossier de référence publie l'analyse officielle des transactions selon les données DVF, la structure démographique selon l'INSEE, et un portrait documenté de l'histoire, des domaines et de la saison de la presqu'île, chaque fait étant sourcé.

Market data

Saint-Tropez a enregistré 389 ventes de villas ≥ 3 M€ sur la période 2016–2025 — soit 3,22 milliards d'euros au total, pour une médiane décennale de 5,9 M€ (DVF, dédupliqué par propriété). C'est le marché de villas ≥ 3 M€ le plus profond de la Côte d'Azur.

The place, documented

1470 : un site en ruine refondé par des colons génois sous charte

Le Saint-Tropez moderne naît d'un acte formel de refondation. Le 15 octobre 1470, Jean Cossa, grand sénéchal de Provence et baron de Grimaud, cède le fief — alors inhabité, où ne subsiste qu'une tour en ruine — au gentilhomme génois Raphaël de Garezzio, en le chargeant de repeupler et de fortifier un site jugé « essentiel à la sécurité du golfe ». Un acte d'habitation du 14 février 1471 engage 21 familles liguriennes à reconstruire et défendre la ville ; en échange, les colons sont reconnus libres et exemptés d'impôts, privilèges garantis par le roi René et honorés par les rois de France pendant deux siècles. Cette charte s'inscrit dans un vaste mouvement de repeuplement provençal — une quarantaine d'actes d'habitation signés entre 1460 et 1523 — après que guerres et épidémies eurent vidé le littoral. Les archives municipales conservent les trois actes fondateurs, nouvellement traduits par l'archiviste-paléographe Élisabeth Sauze à l'occasion du 550ᵉ anniversaire de la ville en 2020.

Source : Ville de Saint-Tropez (site officiel) (1470)

Les Salins : une zone humide relictuelle protégée en arrière de la plage

À deux pas de la plage des Salins, sur la façade la plus tranquille de la commune, subsiste un fragment du Saint-Tropez d'avant la station balnéaire : le Salin de Saint-Tropez, une zone humide littorale de 1,37 hectare acquise par le Conservatoire du littoral (périmètre autorisé établi en 2010) et renforcée par un arrêté préfectoral de protection de biotope en 2014. Son nom rappelle son usage comme petit marais salant, exploité jusqu'au début du XXᵉ siècle. Malgré un environnement urbanisé, le marais abrite des habitats lagunaires méditerranéens et de prairies amphibies d'intérêt communautaire européen, une cinquantaine d'espèces d'oiseaux recensées — dont des grues cendrées et des busards des roseaux, avec hérons et aigrettes venant y pêcher régulièrement — ainsi que quatre espèces végétales protégées au niveau national et huit au niveau régional. Géré par la municipalité et fermé au public pour préserver ses écosystèmes, il joue aussi un rôle de tampon littoral, filtrant l'eau et atténuant crues et érosion. Ses principales pressions sont éloquentes : mitage résidentiel et espèces exotiques envahissantes.

Source : Conservatoire du littoral (2014)

La Madrague : le refuge balnéaire mythique de Bardot sur la baie des Canoubiers

Aucun domaine de Saint-Tropez ne porte davantage de mythologie que **La Madrague**, propriété volontairement modeste en bord de mer acquise par Brigitte Bardot en 1958 sur la baie des Canoubiers, avec sa propre petite plage privée face à la ville. À la fin des années 1950 et dans les années 1960, elle accueille les fêtes de la « bande à BB » — Sacha Distel, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo — et devient, dès le début des années 1980, un tel lieu de pèlerinage que Bardot se plaint qu'il s'agisse d'« un point de ralliement pour le monde entier ». En 1992, elle fait donation de La Madrague pour doter la Fondation Brigitte Bardot tout en en conservant la jouissance, puis ouvre en 1993 La Garrigue, une seconde propriété tropézienne, comme annexe-refuge animalier de la fondation. Elle est restée à La Madrague jusqu'à sa mort, le 28 décembre 2025, à 91 ans — refermant un chapitre de 67 ans qui, le premier, avait braqué les projecteurs du monde sur Saint-Tropez.

Source : INA (Institut national de l'audiovisuel) (2025)

Population permanente : 3 586 habitants — un recul de 42 % depuis le pic de 1982

La population permanente de Saint-Tropez est faible et se réduit rapidement. La série de recensements INSEE pour la commune (tableau POP T1, « Population en historique depuis 1968 ») enregistre 6 130 habitants en 1968, un pic de 6 213 en 1982, puis un long déclin : 5 444 en 1999, 4 499 en 2011, 4 299 en 2016 et seulement 3 586 au recensement de 2022 (RP2022) — soit environ 42 % de moins que le pic de 1982. Sur 2016–2022, la commune a perdu en moyenne 3,0 % de population par an (POP T2M), l'un des déclins soutenus les plus marqués du littoral varois. La densité de population est passée de 548 habitants au km² en 1968 à 321 en 2022. En creux pour le marché du luxe : le village le plus célèbre de la Riviera se vide, démographiquement, de ses résidents permanents, alors même que son parc de logements continue de croître.

Source : INSEE — Dossier complet, Commune de Saint-Tropez (83119) (2022)

La Bravade : une dévotion en armes chaque 16–18 mai depuis 1558

L'identité de Saint-Tropez repose sur la Bravade, célébrée chaque année les 16, 17 et 18 mai — la 465ᵉ édition a eu lieu en 2023. Sa racine institutionnelle est précise : en 1558, le conseil municipal décide qu'un capitaine de ville sera nommé chaque année pour commander la milice locale, et c'est ce capitaine qui conduit encore aujourd'hui les Bravades. Pendant trois jours, les familles tropéziennes revêtent costumes de mousquetaires et de marins et défilent en armes pour honorer le saint patron de la ville — Torpes, martyr de l'an 68 dont les reliques auraient, selon la légende, échoué sur ce rivage — faisant retentir les rues de salves de tromblons et de mousquets, en mémoire du temps où les hommes de la ville se rendaient en armes, en procession, jusqu'à la chapelle du saint. C'est la fête patronale la plus jalousement gardée de Provence, tenue par et pour les familles tropéziennes, dont les dates ancrent le véritable calendrier social de la ville bien avant l'arrivée de la foule estivale.

Source : Ville de Saint-Tropez (official site) (2023)

La Môle–Saint-Tropez : l'aérodrome de la presqu'île fonctionne sous qualification pilote

Saint-Tropez est l'une des très rares stations de la Riviera à disposer de son propre aérodrome : l'Aéroport du Golfe de Saint-Tropez, à La Môle (IATA LTT, ICAO LFTZ). Sa piste unique 06/24 mesure 1 071 m sur 30 m — assez courte pour que les pilotes doivent détenir une qualification de site spécifique et prévenir 24 heures à l'avance, ce qui réserve en pratique le terrain aux turbopropulseurs et aux avions privés légers plutôt qu'aux jets lourds. L'aéroport est ouvert sept jours sur sept toute l'année (8h–19h en été, 9h–17h en hiver, avec extensions jusqu'au coucher du soleil), maintient en permanence une catégorie incendie 4, et distribue à la fois du Jet A1 et du 100LL. Les vols internationaux ne sont autorisés que du 1er juillet au 15 octobre. L'assistance et les services de conciergerie sont assurés par Sky Valet, et l'exploitant revendique le titre de premier aéroport français neutre en carbone par absorption depuis 2021.

Source : Aéroport du Golfe de Saint-Tropez (official site) (2026)

Selected rankings

Questions, answered

Quelle part des logements de Saint-Tropez sont des résidences secondaires ?

68,3 % de l'ensemble des logements de Saint-Tropez sont des résidences secondaires (INSEE, RP2022) — soit environ sept fois la moyenne nationale française.

Quel est le prix médian d'une villa ≥ 3 M€ à Saint-Tropez ?

5,9 millions d'euros sur 2016–2025 ; les médianes annuelles figurent dans le tableau ci-dessus (DVF).

Comment rejoindre Saint-Tropez depuis l'aéroport de Nice ?

En hélicoptère, en environ 25 minutes via l'héliport de Grimaud ; par la route, il faut compter 91 km — la presqu'île n'a jamais eu de voie ferrée.

Sources : DVF (DGFiP) · INSEE · Base Mérimée · Conservatoire du littoral · Ville de Saint-Tropez · analyse Elena Agueeva